La BCE n'a pas bougé cette semaine : ce que ça change quand vous achetez cet été
Bonne nouvelle en apparence : la banque centrale a laissé ses taux tranquilles jeudi. Mais un autre chiffre, dont on parle beaucoup moins, est en train de grimper. Je vous explique lequel, et ce que je conseille aux familles qui signent en ce moment en Seine-et-Marne.
Depuis jeudi, on me pose tous la même question au téléphone : « Élodie, la BCE n'a pas augmenté ses taux, c'est bon pour nous ? » Je comprends l'espoir, alors soyons clairs et honnêtes. Oui, la banque centrale a laissé ses taux tranquilles ce 23 juillet. Non, ça ne veut pas dire que votre crédit va baisser cet été. Parce que le chiffre qui décide vraiment de votre taux n'est pas celui-là — et lui, en ce moment, il monte. Voici ce qui se passe, sans jargon, et ce que je dis aux familles que j'accompagne à Bussy, Chessy ou Torcy quand elles signent en ce moment.
Ce qui s'est passé jeudi, en clair
La Banque centrale européenne se réunit régulièrement pour fixer ses taux, ceux qui servent de référence à toute la zone euro. En juin, elle les avait un peu relevés — une première depuis trois ans. Cette semaine, elle a choisi de ne rien changer et d'attendre d'y voir plus clair. C'est ce qu'on appelle une pause, ou un statu quo.
Pourquoi cette prudence ? Parce que la hausse des prix n'est pas la même partout : en France, elle est retombée à 1,8 % sur un an en juin, alors qu'elle reste plus élevée dans d'autres pays comme l'Espagne. Difficile, dans ces conditions, de prendre une décision unique pour tout le monde. Une nouvelle hausse en septembre reste possible, mais peu probable pour l'instant. Retenez surtout ceci : cette décision est une bonne chose pour la stabilité, mais elle ne fait pas mécaniquement baisser les crédits immobiliers.
Le vrai chiffre à surveiller (et ce n'est pas la BCE)
Quand une banque calcule votre taux sur vingt ou vingt-cinq ans, elle ne regarde pas d'abord le taux de la BCE, qui concerne surtout le court terme. Elle regarde ce qu'on appelle l'OAT à 10 ans : c'est le taux auquel l'État français emprunte lui-même de l'argent. En clair, c'est la base à partir de laquelle votre crédit est construit. Quand cette base monte, les taux immobiliers ont tendance à suivre — et quand elle descend, ils se détendent.
Or, en ce moment, cette base grimpe : elle vient de dépasser 4 %, un niveau qu'on n'avait plus vu depuis la crise financière de 2008-2009. Voilà le paradoxe que je veux que vous compreniez : la BCE fait une pause rassurante, pendant que le chiffre qui compte vraiment pour vous, lui, se tend. Bonne nouvelle quand même : ça ne se voit pas tout de suite dans les banques. Elles mettent leurs grilles à jour avec plusieurs semaines de retard, donc les conditions du moment tiennent encore.
Faut-il attendre une baisse pour acheter ? Ma réponse franche
Je préfère vous le dire nettement : non, je ne conseille à personne d'attendre une baisse qui n'est pas annoncée. Parier sur les taux, c'est parier sur quelque chose que ni vous, ni moi, ni les banques ne maîtrisons. J'ai vu trop de familles repousser leur projet « le temps que ça baisse » et se retrouver, un an plus tard, avec un taux plus haut et un bien qui leur est passé sous le nez.
Ça ne veut pas dire acheter dans la précipitation. Ça veut dire que si vous avez un dossier solide et un projet clair, la bonne question n'est pas « quand les taux vont-ils baisser ? » mais « est-ce que mon achat tient à ce taux-là, aujourd'hui ? ». S'il tient, on avance. S'il ne tient qu'avec une baisse hypothétique, ce n'est pas le bon moment — et je vous le dirai franchement, comme je le fais toujours.
En euros, sur un budget d'ici
Prenons un exemple parlant pour la grande couronne, et j'insiste : c'est une hypothèse, pas une simulation d'offre. Imaginons un couple qui emprunte 265 000 € sur 25 ans pour une première maison. Si le taux venait à monter d'un quart de point, la mensualité augmenterait d'environ 35 € par mois, et le coût total des intérêts d'à peu près 10 500 € sur toute la durée.
Ce n'est pas la fin du monde, mais 35 € par mois, sur un budget de primo-accédants déjà tendu, ça compte — c'est une sortie au restaurant en famille, ou une partie de la facture d'électricité. C'est justement pour éviter ce genre de glissement qu'on a intérêt à figer un bon taux quand on en tient un, plutôt que de le laisser filer en attendant mieux.
Le conseil d'Élodie
Si vous êtes en plein achat — offre acceptée, compromis signé, dossier en cours —, ne laissez pas traîner. Un accord de banque à un bon taux, ça se sécurise : je préfère qu'on édite votre offre de prêt pendant que les conditions sont là plutôt que d'attendre un mois de plus pour rien. C'est le rôle que je joue au sein de Pretto Galaxie : faire jouer les banques vite et bien tant que la fenêtre est ouverte.
Et si votre projet n'est pas encore mûr, ne le calez pas sur les taux. Calez-le sur votre épargne et sur la propreté de vos comptes des trois derniers mois : c'est ça, et non la décision de la BCE, qui vous décrochera les meilleures conditions le jour où vous déposerez votre dossier. Le reste, c'est mon travail de m'en occuper.
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Informations à jour au 23 juillet 2026, données à titre indicatif. Plusieurs mesures évoquées dépendent de textes non définitifs : seule une étude de votre situation permet de conclure. Ce contenu ne constitue pas un conseil personnalisé.