Élodie Courtage
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Un prêt à taux zéro dès la grossesse ? Attention, ce n'est pas voté

Une proposition de loi imagine un PTZ familial jusqu'à 100 000 €, sans condition de revenus. L'idée est séduisante pour les familles du 77. Mais entre une proposition déposée et une aide qu'on peut mettre dans un plan de financement, il y a un monde.

Petite maison en céramique blanche et paire de chaussons de bébé en laine posées sur une table en chêne clair.
Prêt à taux zéro 5 min de lecture

On m'a envoyé trois fois le même article ce mois-ci, à chaque fois avec le même message : « Élodie, il paraît qu'on va avoir 100 000 € à taux zéro quand on attend un bébé ? » Alors mettons les choses à plat, parce que je préfère décevoir maintenant que voir un couple bâtir son budget sur du vent. Une proposition de loi existe bel et bien. Elle est intéressante. Et à ce jour, elle n'est pas votée — elle n'est même qu'au tout début du parcours. Voilà ce qu'elle prévoit, et ce que j'en fais concrètement quand on prépare un achat en Seine-et-Marne.

D'où ça sort

Le point de départ est une mission parlementaire consacrée à la baisse de la natalité, qui a rendu ses conclusions en février 2026 — le nombre de naissances a reculé d'environ 24 % en dix ans selon l'INSEE, et le logement y est identifié comme l'un des freins. Parmi la trentaine de propositions du rapport figurait l'idée d'un prêt à taux zéro lié à la naissance.

Le 14 avril 2026, la députée Constance de Pélichy a déposé une proposition de loi, enregistrée sous le numéro 2679, qui reprend l'idée en la transformant beaucoup. Retenez ce mot : proposition. C'est un texte déposé par une parlementaire, pas un projet du gouvernement, et il n'a pour l'instant produit aucun effet juridique.

Ce que le texte prévoit, si un jour il passe

Le dispositif imaginé s'appelle « PTZ familial » et il est nettement plus large que le PTZ que vous connaissez. Il pourrait atteindre 100 000 €, sans aucune condition de ressources. Il serait mobilisable dès la déclaration de grossesse et jusqu'aux 5 ans de l'enfant. Il servirait à acheter ou à agrandir la résidence principale.

Deux points changent vraiment la donne par rapport au PTZ classique. D'abord, il ne serait pas réservé aux primo-accédants : des propriétaires déjà installés qui veulent une pièce de plus pourraient y prétendre. Ensuite, il serait cumulable avec le PTZ classique pour ceux qui remplissent les deux conditions. Sur le papier, pour une famille qui s'agrandit à Bussy, Chessy ou Serris, c'est loin d'être anecdotique.

Calendrier mural en bois clair sans chiffres visibles, à côté d'une tasse en grès, lumière de fenêtre.
Entre le dépôt d'un texte et son application, il peut se passer des années — ou rien du tout.

Pourquoi je ne le mets dans aucun plan de financement

Parce qu'une proposition de loi déposée n'est pas une aide. Elle doit être inscrite à l'ordre du jour, discutée, votée par les deux chambres, promulguée, puis complétée par des décrets d'application — le texte précise d'ailleurs lui-même que le plafond exact dépendrait de ces décrets. Beaucoup de textes déposés n'arrivent jamais en séance.

S'y ajoute la question du coût, qui n'est pas tranchée : l'auteure de la proposition l'estime à moins de 100 millions d'euros par an, tandis que les estimations de Bercy tournent plutôt autour de 120 millions. Et le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, s'il s'est dit publiquement « philosophiquement favorable », plaide pour un déclenchement à partir du deuxième enfant et non du premier — ce qui, si c'était retenu, exclurait une bonne partie des couples qui m'appellent aujourd'hui. Je rapporte sa position, je ne la commente pas : elle montre simplement que le contenu final est encore très ouvert.

Ma règle est donc simple, et je l'applique à toutes les aides annoncées : aucune banque ne financera sur la base d'un texte non promulgué. Si votre achat ne tient que grâce à cette aide, votre achat ne tient pas.

Ce que ça représenterait, en ordre de grandeur

Pour vous donner une idée, prenons une hypothèse de travail — et j'insiste, c'est une hypothèse, pas une simulation d'offre. Emprunter 100 000 € sur 20 ans à taux zéro, c'est environ 417 € par mois, sans un centime d'intérêt.

Les mêmes 100 000 € empruntés sur 20 ans à 3,50 % hors assurance, ce serait environ 580 € par mois, soit à peu près 39 000 € d'intérêts sur la durée totale. L'écart est réel, et c'est bien pour ça que la mesure fait parler. Raison de plus pour ne pas confondre ce qu'elle vaudrait avec ce qu'elle vaut aujourd'hui : rien, tant qu'elle n'est pas au Journal officiel.

Tirelire en céramique verte et petite clé en laiton sur un plan de travail en bois clair.
Ce qui fait aboutir un dossier aujourd'hui, c'est l'épargne réelle, pas l'aide espérée.

Ce que je vous conseille de faire en attendant

Regardez ce à quoi vous avez droit maintenant. Le PTZ classique existe, il est en vigueur, et beaucoup de familles que je reçois pensaient à tort ne pas y être éligibles — notamment parce qu'elles ont été propriétaires il y a longtemps, ce qui ne bloque rien passé deux ans. C'est vérifiable en quelques minutes.

Et continuez d'épargner comme si aucune aide n'arrivait. Un couple qui se présente avec un apport constitué et des comptes propres sur les trois derniers mois obtient de meilleures conditions qu'un couple qui a attendu une réforme. Si le PTZ familial voit le jour un jour, ce sera un bonus. On construira le dossier avec, le moment venu.

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Informations à jour au 20 juillet 2026, données à titre indicatif. Plusieurs mesures évoquées dépendent de textes non définitifs : seule une étude de votre situation permet de conclure. Ce contenu ne constitue pas un conseil personnalisé.